Le sommeil et les jumeaux

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Comme tu le sais, je participe depuis quelques temps à l’écriture d’articles pour les Jeudis de l’éducation et, petite nouveauté, à la #TeamMultiples qui est un regroupement de mamans de jujus, tenant des blogs et racontant un peu leurs expériences.
Ce mois-ci le thème choisi a été le sommeil des jumeaux et comme c’est une question épineuse et récurrente, j’ai décidé de te raconter comment on a fait, chez nous, pour survivre les endormir !

Debout devant la couveuse tu le regardes ronfler dans son petit paradis chauffé et tu te dis qu’il va falloir en profiter, parce que ça va sans doute pas être aussi facile en rentrant à la maison. Et tu n’as pas tort !

ETAPE n° 1 : « comme à la néonat »

Habitant un appart d’à peine 30m², on n’a pas tellement eu le choix que de les faire dormir dans la même chambre (y en avait qu’une de chambre de toute façon 🙂 ).
Les lits collés l’un contre l’autre, on a eu une période « faisons des efforts » qui consiste à suivre scrupuleusement les conseils de la néonat. Tu te laves les mains 45 fois par jour et tu couches tes enfants sans peluches, sans couverture, sans coussin et suuurtouuuttt sur le dos ! Si tu as la moindre idée subversive, tu as l’impression qu’un Raid d’assistances sociales et médicales vont débarquer chez toi (en brisant les vitres de la fenêtre en rappel) pour les ramener dans les couveuses.

Sauf qu’un jour, t’en as marre de ces conn…..Tu vois bien que ton bibou est pas bien. Il gigote, seul dans son grand lit tout vide. Tu ne sais pas trop comment l’expliquer mais tu sens, de ton instinct naissant de maman que quelque chose ne va pas et qu’on s’éloigne de tes convictions (dont la première est de ne pas persister dans l’erreur quelque soit le chemin à emprunter pour s’en sortir).

Ces enfants ont besoin de présence, d’odeur, de chaleur, de mouvement. Ils n’ont pas besoin de vivre dans un monde aseptisé et rigide. Alors tu rajoutes des doudous. Tu les fais dormir dans les slings en promenade. Tu les laisses s’endormir sur le ventre (je ne conseille à personne mais s’il faut, il faut). Tu ne te fixes qu’une seule règle : quelque soit l’endroit où il s’endort, tu le ramènes dans son lit. Jamais ils n’ont fait toute leur sieste dans le parc (qui a été enlevé bien vite), dans le doomoo, dans la voiture. Ils ont toujours fini dans leurs lits.

ETAPE n° 2 : « Montessori et le maternage proximal »

Les lits justement. Ils ont été virés quand les petits avaient environ 5 mois. Du jour au lendemain et avec les moyens du bord, nous sommes passés en lits au sol. Mes déjà bons petits dormeurs ont pu nous montrer à quel point la présence de l’autre était nécessaire. Quelque soit la position de départ, nous les retrouvions systématiquement l’un contre l’autre, joue contre joue.

1545038_10151842687426401_1229570544_nIls ont fait leurs nuits (selon notre conception d’adulte) dès cet instant. Enfouis dans les oreillers et les peluches ils se sont sentis tout de suite sécurisés. Nous pouvions de manière très simple nous allonger à côté d’eux et passer quelques nuits en cododo même si j’avoue que ça n’a jamais été très nécessaire.
Nous avons été très proches pendant cette période. Nous avons bercé, chanté, tapoté les petites fesses, nous avons tenu les petites mains, caressé les petites têtes… Avec comme seconde  règle : ne pas les habituer à quelque chose de précis, quelque chose que tu ne pourras plus faire quand ils auront 12 kilos. La seule vraie habitude dont ils ont eu besoin c’est de savoir, que quoiqu’il arrive, nous serions près d’eux (et c’est souvent celle qui fait le plus peur aux jeunes parents… malheureusement…)
Toujours les mêmes rituels, les mêmes routines, les mêmes enchaînements, les mêmes horaires… mais sans jamais faire quelque chose qui ne pouvait durer dans le temps et qui dépassait nos propres libertés (par exemple endormissement en voiture, endormissement en poussette etc…). Ce qui peut s’avérer facile avec un enfant peut tourner à l’enfer avec deux enfants du même âge et l’endormissement est un lieu propice à l’énervement et au choix de la facilité…. mais la facilité se paie toujours et avec deux enfants, le revers de bâton peut faire très mal.
Jamais nous n’avons laissé pleurer. Nous avons choisi le plus doué des deux pour l’endormissement (le papa en l’occurrence) pour y aller, à chaque fois, quitte à dormir séparés pendant des semaines.

Je reste encore aujourd’hui, persuadée que cette période qui a duré jusqu’à leurs 11 mois a été cruciale et a déterminé tout le reste, à savoir des enfants faciles à endormir et qui ont appris, très vite, à se rendormir seuls. Je sais d’expérience que ca n’a pas marché dans toutes les familles mais chez nous, c’est clairement cette période qui a tout changé.

ETAPE n° 3 : « l’âge d’or et le dodo mixte »

De 12 mois à maintenant, mes garçons dorment en ce que je vais appeler un système mixte. Parfois en lits à barreaux, parfois au sol, parfois collés à papa qui reste un peu avec eux. Nous avons choisi ces options car elles nous permettent d’être souples et de nous adapter à toutes les situations. Parfois ils étaient très énervés, malades, chouinoux, fatigués et montaient d’eux mêmes dans le lit à barreaux, s’enroulaient dans un coin et passaient des nuits sans accros. Parfois le besoin de soutien était plus fort et la présence sécurisante de Papa était demandée.

D’une manière générale, ils ont dormi pendant 11h la nuit + 2 à 3h de sieste dans l’après midi. Les siestes du matin et du soir ont vite sauté. De très bons dormeurs qui ont vite appris à gérer leurs réveils seuls et à dompter leurs premiers cauchemars. Damien a fait quelques terreurs nocturnes mais rien d’ingérable.

Nous avons joui d’une grande tranquillité. Et notamment d’esprit. Nous savions que nous lever y aller à chaque pleur, produisait des effets positifs et concrets. Tous les efforts faits dans la période précédente portaient des fruits. Nous sommes donc restés dans cette lignée… Evidemment certains soirs ont été plus difficiles que d’autres mais dans l’ensemble ils ont toujours eu un rapport sain à l’endormissement.

A noter que leur mutuelle présence dans la nouvelle chambre du nouvel appartement a été une évidence. Ils gèrent leur sommeil aussi parce qu’ils sont ensemble. Ils sont habitués au bruit de l’autre. Ils ont leurs propres rituels de « chant » avant de s’endormir. Ils s’endorment toujours dans le même ordre car l’endormissement de l’un rassure l’autre (du moins je présume). Ils font les mêmes sons, les mêmes gestes depuis toujours. Séparés, ils savent le faire aussi, comme l’un peut vouloir dormir et pas l’autre mais leur présence ne les dérange pas du tout, bien au contraire. Elle a été un atout que nous avons toujours soutenu.

ETAPE n° 4 : « La gestion personnelle et autonome du sommeil »

On y vient. Tous les jours, c’est de plus en plus évident et flagrant. Ces enfants; habitués depuis tout petits à être autonomes s’approprient aussi leur sommeil maintenant. Ils se lèvent et sortent de la chambre et à part coller des verrous je ne peux rien y faire. Ils vont bientôt avoir de vrais lits de grands et la sieste de l’après midi sautera sans doute aussi (faut dire que je suis lassée de lutter pour l’obtenir). J’ai fait mon deuil des 3h de calme et de repos que j’avais. Ce n’est pas le cas de tous les membres de ma famille qui gravitent autour d’eux et finalement ça me conforte dans l’idée que c’est une erreur de les « forcer ». L’autonomisation passe aussi par l’apprentissage de ses propres sensations, d’erreurs faites, d’ajustements…. et la sieste sera un terrain tout à fait adéquat pour l’apprentissage de ces derniers éléments.
On ne peut pas forcer un enfant à dormir (surtout pour son propre bien être). On ne peut qu’éventuellement le conditionner avec l’usage de la force et/ou de notre pouvoir d’adulte). Mais c’est retirer tout rapport sain au sommeil alors que c’est sur quoi nous travaillons depuis plus de 2 ans.

C’est dur pour les parents. Bien sûr que ça l’est. Je ferme les yeux et je nous revois avec Chéri, chacun un bibou dans les bras, en train de chanter  en priant le Seigneur pour qu’ils s’endorment, qu’on puisse à notre tour nous écrouler quelques heures avant de recommencer. Je me revois en poser un, enfin endormi, et voir le regard malicieux du second, me regardant dans le noir. Je me souviens des heures passées avec un bébé dans les bras qui se réveille à chaque mouvement, à prier de ne pas éternuer ou tousser. Des soirées avortées, des repas qui refroidissaient, des pleurs de fatigue et d’épuisement. Des semaines passées à se demander pourquoi ci ou ça avait soudain changé. Des mois de poussées dentaires, de nez bouché, d’asthme en pleine nuit… Bien sûr que c’est difficile.

Mais les autonomiser c’est aussi lever le pied. Oui peut être que mes gamins se baladent encore, en pyj avec le doudou sous l’bras à 21h30 dans l’appart. Et alors ? Ca gène qui ? lui ou moi ? Et si mon propre enfant me gène que dois je en penser ? Que je manque de repos et de temps pour moi ? Mais est-ce son problème à lui ? Ma soirée sera t’elle forcément plus reposante s’il part une heure avant dormir ? Quand je devrais passer une heure à le convaincre de daigner fermer ses petits yeux ?
Ce sont mes réflexions du moment et je sais que j’arrive au bout du chemin et du processus. Et je sais, et quelle force c’est de le savoir et de ne pas juste y croire « en théorie », que je suis sur le bon chemin, depuis le début. Ce qui me réjouit, c’est que je n’ai jamais eu, finalement, la jolie petite chambre avec le berceau, le mobile et le tour de lit à nounours. Mais dans quelques mois j’aurai une jolie chambre de grands garçons à décorer et c’est un projet qui se fera en commun avec beaucoup de bonheur. Cette petite pièce, vide et sans jouets (pas de sur-stimulation avant le sommeil), qui a été le théâtre de tant de « risques de craquages » deviendra une magnifique pièce dédiée au sommeil et au plaisir de le partager.

Les autres participations de la TeamMultiples ❤

Poulpettes à paillettes : http://wp.me/p6fFbR-kB

Le monde de Zorelie : http://www.lemonde2zorelie.fr/2015/10/12/le-sommeil-des-jumeaux-ensemble-ou-separes-rdvteammultiples/

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15 réflexions sur “Le sommeil et les jumeaux

  1. J’espère que tu convaincras tous les parents (qui ne l’étaient pas encore …;)) qu’être présent pour rassurer son tout petit quand il pleure le soir, la nuit ne fait qu’accentuer son sentiment de sécurité et donc sa facilité d’endormissement plutôt que le contraire… après, je sais que nous ne sommes pas égaux, c’est un moment de la journée plus dur pour certains petits que pour d’autres et tous n’ont pas le même rythme. Mais j’entends encore trop de parents qui prônent la technique du temps de pleur dégressif obligatoire… aaarrrrg 😦 … J’ai heureusement suivi mon instinct à l’époque et c’est vrai que l’allaitement permet d’endormir ses petits tellement naturellement, c’est comme une arme magique qu’on les mamans qui allaitent. Et il ne faut pas avoir peur qu’il n’arrive pas à s’endormir dans le futur en envisageant le sevrage. Même sans le sein, nous avons gardé les mêmes gestes et évolué sur d’autres rituels (histoire du soir…) qui ont permis chez nous une transition qui s’est très bien passé. mais je ne me vante pas trop car j’ai un bon dormeur ! Et comme toi, en rentrant de néonat, je l’ai vu perdu dans son grand lit à barreaux et dans sa gigoteuse toutes raide, alors j’avais installé un couffin dans le lit à barreaux et les 2 premiers mois, il dormait confiné dans son couffin et beaucoup mieux… Par contre et pour finir sur mon « retour d’expérience », je n’avais pas les informations et l’idée de mettre en place un lit au sol quand il était tout petit. pourtant ça m’aurait parler et j’avais quand même opté pour un modèle de lit à barreaux avec 3 barreaux amovibles pour permettre à l’enfant de monter et descendre de façon autonome dans son lit à partir de la marche. Et bien aujourd’hui, même après dialogue et incitation, que ce soit pour jouer ou pour rejoindre papa et maman dans leur chambre juste à côté, Monsieur Loulou 3 ans dans 2 mois, n’est JAMAIS SORTI SEUL DE SON LIT en se réveillant……. donc oui, si c’était à refaire, il dormirait par terre…

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    • J’espère aussi même si j’en doute vu comment ces idées ont la vie dure… J’ai entendu toutes les remarques imaginables, toutes désagréables … et puis quand ils ont commencé à dormir 12h là bizarrement j’ai eu droit « ah oui mais les tiens sont de bons dormeurs »… bah tiens… Quand je vois comme ils sautent de leurs lits à barreaux sans aucune difficulté je me dis que c’est franchement hautement inutile et s’ils ne les aimaient pas, on les aurait enlevé depuis longtemps… Ca rassure le parent c’est tout… et encore les voir sauter comme ça, ça n’a rien de rassurant …

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  2. A la recherche d’idées pour aider une amie qui a beaucoup, beaucoup de mal avec le sommeil de ses jumeaux, je ne vais peut-être pas lui faire lire cet article, car ils sont déjà un peu grands, toute la période de « préparation » dont tu parles est déjà passée et je la vois déjà découragée…
    Mais ce que j’en retiens et que j’ai appliqué pour le mien, c’est de suivre aussi son instinct parfois. Au bout d’un mois bien couché sur le dos dans sa turbulette et des « nuits » raccourcies à des sommeils de 2h, j’ai fini par le mettre sur le ventre, tant pis pour tout ce qu’on me disait. Miracle, il a commencé à faire des nuits de 7 ou 8h ! Et quand même, on a acheté un moniteur de respiration pour mettre sous le matelas, parce qu’on avait la trouille.
    Bravo en tout cas pour ce blog qui me conforte dans une idée, c’est celle de « tenir » sur nos choix, face à nos enfants et face à l’entourage, même si c’est long, même si c’est chiant… ça va finir par donner du bon !

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    • Quels sont les soucis ? quels ages ont ils ? Le sommeil c’est tellement compliqué (meme pour nous !) et c’est aussi pas mal de « chance » faut pas se mentir …mais je crois oui que le lacher prise parfois est la clef, se dire  » oh et puis m*** » et faire ce qu’on pense etre bon meme si tout dit le contraire … et tant pis s’ils prennent « de mauvaises habitudes » on gerera plus tard (en admettant d’ailleurs que de si jeunes enfants en prennent)… et puis mauvaise habitude ça veut dire quoi ? L’enfant va pas dormir avec papa mama jusqu’à 15 ans donc un jour ou l’autre on voit le bout du tunnel… mais en tenant à nos convictions, ensuite, on n’a pas sur la conscience certaines choses finalement très lourdes à porter. On a fait comme on a pu/su/voulu ! Et ça… ça fait beaucoup de bien… Je crois vraiment tres tres fort que tous les efforts se récompensent un jour … en tout cas je le vois tout les jours avec les miens

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      • Ils ont 18 mois, et ils se réveillent 6 à 7 fois par nuit… à tour de rôle (pour tétine, cauchemar, que sais-je). Comme les deux dorment dans la même chambre, les parents se lèvent au moindre bruit pour éviter que l’un réveille l’autre. Ils ne s’en sortent pas et sont épuisés, d’autant que ça a empiré, ils n’ont jamais bien dormi mais depuis quelque temps c’est vraiment difficile. Leur pédiatre leur conseille de les laisser pleurer mais la maman a beaucoup de mal avec ça. Souvent ils dorment avec un des deux dans le lit, et quand ils les font garder par les grands-parents c’est pareil. A côté de ça ce sont des petits gamins adorables qui se développent très bien !
        C’est sûr que quand on voit finalement les efforts porter leurs fruits, on est contents… mais bon sang, parfois, la solution de facilité/rapidité semble tellement plus attrayante -_- C’est pour ça que ce blog est tellement encourageant ! Merci !

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  3. Merciii pour cet article ! Je suis enceinte de jumeaux et avec mon premier, nous avons fait cododo puis couchage montessori dans sa chambre avec un matelas à disposition s’il avait besoin de nous.
    Aussi, je me demandais comment vous avez pensé le couchage des jumeaux, plus précisément, quel taille de matelas : un matelas 1 personne ou 2 petits matelas ou autre ? Merci !

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