Le jour où je suis allée à une Conférence Thomas Gordon

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Je suis toujours prévenue au dernier moment de ce qui se passe dans ma région. C’était déjà le cas pour la conférence d’Isabelle Filliozat. Et je dois toujours convaincre mon fidèle compagnon papounesque de m’y emmener ! Mais j’ai quand même réussi à y assister et je vous livre mon petit résumé 🙂

Obscur Parking, assise dans la voiture j’attends 20h30 pour aller rejoindre 2 copines, fidèles lectrices du blog, pour la Conférence dont j’attends beaucoup, étant fan absolue de Thomas Gordon. Chéri lui, râle de rater France-Brésil et constate que sur ce parking, il n’y a QUE des mamans ! Ca sent le plan foireux dont j’ai le secret.
Heureusement il croise un autre papoune ce qui le décidera à ne pas suivre le match allongé dans la voiture au chaud ! Ouf !
Petite salle qui se remplit vite, j’ai Chloé et Marie à côté de moi et Chéri étonné que finalement ils soient plusieurs papounes à préférer l’éducation des mômes au ballon rond (ou alors ils sont tous victimes de leurs femmes, comme lui ?!).

La formatrice nous fera finalement une introduction tout à fait intéressante des Ateliers Thomas Gordon et de la méthode Gordon. En donnant juste assez d’éléments pour faire envie. J’encourage donc vraiment, tous ceux qui peuvent le faire de suivre ces ateliers ! Je vous livre les petites infos retenues même si, si vous avez lu l’ouvrage « j’essaie d’étrangler ma mère mais elle, elle rigole » présenté au dessus, elles n’ont plus de secrets pour vous !

Elle commence son exposé par un rappel de ce qu’est l’autorité, du reste des différentes formes d’autorité. L’autorité est essentielle car c’est un besoin parental et aussi, un besoin de l’enfant à condition qu’elle soit bien choisie.
* il y a l’autorité liée au pouvoir, à la force « c’est moi qui décide » qui n’est pas très constructive, qui n’est pas une force relationnelle et qui est même faible car pousse à la rébellion ou à la soumission. C’est pourtant celle qui est malheureusement le plus souvent utilisée avec l’enfant, surtout en cas de désaccord à « trancher ». Cette autorité ne devrait être utilisée qu’en cas de DANGER. (retirer l’enfant de la route par exemple).
* Et puis il y a le trio « autorité de fonction », d’expérience, et de contrat (surtout oral) qui lui fonctionne très bien s’il est utilisé à bon escient.

La formatrice nous demande de penser à des moments satisfaisants ou non avec nos enfants, un enfant en particulier. Quel était le comportement de l’enfant à ce moment là ? et quel était le notre ? Le comportement de l’enfant est ce qu’il fait ou non, ce qu’il dit ou non et non pas ce que l’on en pense !! Le comportement est une notion neutre et l’observation est un élément différent des jugements qui s’infiltrent souvent de manière insidieuse :  » il ne fait jamais … il est toujours … » .
Tout en retenant ce moment et le seul comportement de l’enfant elle précise le propos coté parent en brisant 2 mythes : celui du bon parent, qui sait toujours comment se comporter et qui DOIT toujours savoir comment et quoi faire, constant qui a toujours une réponse adaptée et identique à l’enfant et celui du front commun composé de parents unis et sur la même longueur d’onde. Non, l’enfant a besoin d’avoir une personne en face de lui, avec ses particularités et non un bloc commun.

Ca donne lieu à 4 situations possibles avec 4 interactions sociales possibles.
Avec une seule question essentielle : à qui appartient le problème ? Ca permet de différencier les situations type  » il sort l’eau du bain et en met partout – ceci ME pose problème » et « il ne veut pas aller au bain – ceci LUI pose problème ».
Ca donne très schématiquement un carré coloré (je suis vraiment une graphiste pourrie) :

gordon

1) Le parent est ok, ouvert, dans le vert. L’enfant lui est en colère, ne va pas bien, a un problème :
-> ECOUTE ACTIVE

2) Le parent est dans le rouge, fatigué, énervé, a un problème et l’enfant est lui aussi dans le rouge, ne va pas bien…
-> c’est AU PARENT de se remettre dans le vert (et non à l’enfant). Il est l’autorité, c’est à lui d’aider l’enfant à se remettre dans le vert. Il doit donc trouver le moyen de se remettre dans la situation 1) C’est le cas de figure le plus compliqué, le plus courant et notamment entre 16h et 20h 🙂 Le parent est fatigué, l’enfant aussi. Personne n’arrive à s’entendre. Ca finit dans les cris et les punitions. Gordon demande alors au parent de prendre ses responsabilités et de se passer dans le vert, afin d’être disponible à l’écoute active du problème de l’enfant. Ce n’est pas à l’enfant d’écouter le parent et ses problèmes de grand.

3) Le parent est dans le rouge et ne va pas bien, l’enfant lui est ok, joyeux, souriant et joueur
-> AFFIRMATION DU SOI, MESSAGE « JE »
Cela nuance mes propos. Si l’enfant n’est pas là pour écouter les problèmes de grands, ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas entendre ce que vous avez à dire. En effet l’affirmation de soi permet d’éviter la frustration en exprimant de manière agréable et positive ce que vous avez à dire. L’enfant a besoin de comprendre vos sentiments et ce que vous pensez, il ne peut pas le deviner. Ca vaut également pour toute interaction sociale, professionnelle ou amoureuse ! Il faut donc réussir à dire ce que l’on ressent, sans utiliser de la violence (base de la communication non violente).

4) Le parent est content, épanoui, heureux, l’enfant aussi
-> VALORISATION, CULTURE FAMILIALE
Ce sont ces moments  extraordinaires qui permettent de faire des projets, de valoriser cette noble notion qu’est la famille et qui nous donnent envie de continuer à avancer et à nous battre. Ces moments existent à n’importe quel âge de l’enfant. Ils sont à cultiver.

L’ECOUTE ACTIVE : C’est un état de disponibilité à installer. Il se joue sur le regard, le buste tourné vers l’enfant (on ne fait pas la vaisselle en écoutant son enfant !), à sa hauteur (donc même au sol). Il faut être comme lui, quitte à reproduire sa position et sa gestuelle (synchronisation). Il faut pouvoir prendre les mots de l’enfant (ou sa gestuelle, si l’enfant est encore petit). C’est important pour pouvoir reformuler, refléter l’autre. Sans cela on entend mais ce n’est pas une action d’écoute spécifique. Il faut comprendre l’écoute comme un état d’être.
On peut très rapidement se laisser parasiter par ce que la formatrice appelle « Radio Moi Même »: le parent, pensant bien faire a tendance à avoir des à priori (« il va encore me parler de ça pffff »), des comparaisons, des souvenirs (« tu sais, moi quand j’étais jeune… »), et avoir envie de tout de suite placer ce qu’il pense, ou son conseil de parent (« moi je pense que tu devrais lui dire… ») avant même d’avoir écouté l’enfant jusqu’au bout, jusqu’à ce que lui même trouve SA solution. De même, rassurer (le célèbre « oh tu as mal ? mais ce n’est rien ne t’inquiète pas ») est mettre un couvercle sur le problème, émettre un avis qui ne rassure finalement que le parent. De même donner des ordres, des menaces, des morales (explications à rallonge qui saoulent les ados), des compliments… sont des obstacles à l’écoute active.
L’écoute active c’est : refléter, reformuler, rester silencieux si l’enfant est silencieux, « hmm »… « ah ? »… ACCUEILLIR. Même les pleurs, le silence, les cris. Les accepter comme un sentiment personnel de l’enfant (à qui appartient le problème). Accepter que l’enfant choisisse ce mode d’expression plutôt qu’un autre. Et utiliser le même pour s’assurer de bien entrer en contact.

LE MESSAGE « JE ». ah la bête noire de tout débutant en communication non violente. C’est un positionnement clair et qui a des répercussions très importantes. Oui, l’enfant DOIT entendre votre frustration, votre colère, votre agacement. Il n’est pas en sucre comme on dit. On ne doit pas serrer les dents. Même les tout petits peuvent appréhender la fatigue de maman ou le besoin de calme de papa etc… Mais si c’est serrer les dents pour au final exploser et coller tout le monde dans la chambre enfermés à double tour avec les fesses qui brûlent, ça ne sert à RIEN du tout. Il vaut mieux exprimer de manière intelligente ce que l’on a à dire, dans l’intérêt de toute la famille (ça marche aussi beaucoup au niveau du couple !!).
– > observer  » je vois un petit garçon qui veut jouer dans la cuisine pendant que papa prépare le repas… »
– > faire savoir à l’autre l’effet CONCRET (temps, fatigue, argent…) sur moi  » mais papa perd beaucoup de temps pour préparer quand il doit aussi s’occuper de toi »
– > exprimer son ressenti  » je suis contrarié, embêté, déçu, mal à l’aise »…

Ce qui donne pour illustrer les propos :
« papa rentre du travail, il est fatigué il doit faire à manger il sait qu’il est dans le rouge. Petit Bonhomme n’a pas vu papa de la journée, il a envie de jouer donc colle papa, mais commence à s’énerver car il est peu réceptif et ne veut pas jouer. L’enfant ne comprend pas l’impératif de temps du repas.
Papa DOIT se mettre en vert en premier :
– écoute active au niveau de l’enfant : « papa tu joues aveccc moiiiii »
– message je : « je vois bien que tu veux jouer avec moi mais papa doit préparer le repas sinon on va perdre du temps. Je suis fatigué par ma journée de travail et je ne peux pas faire les deux en même temps. Que pourrions nous faire ? »
– écoute active de la part de l’enfant (si, si …) : oh pauvre papa »
– écoute active de papa : tu es triste pour moi ? désires tu m’aider ou attendre que je finisse pour jouer ensembles après le repas ? »
– message je de papa  » moi personnellement je préfére que tu m’attendes pour jouer, comme ça je finis le repas plus vite  »
– écoute active de l’enfant « ok je joue à côté de toi et je t’attends après manger »

Voila. Tout simplement. Trop simplement ? non je ne le pense vraiment pas. Je constate des progrès tous les jours sur mes propres enfants qui n’ont pourtant que 22 mois (et ne parlent pas encore). Et comme l’a dit la formatrice et dieu sait si je trouve ça émouvant : en essayant dès maintenant, j’apprends ces outils à mes enfants, qui demain les utiliseront (et je préfère qu’ils reproduisent ça plutôt que la violence et les cris !) C’est donc loin d’être inutile d’essayer, de se remettre en question et de se former aux ateliers si vous voulez prolonger les choses. En tout cas je vous y encourage fortement. Ces stages ne sont pas faits pour des parents ayant des problèmes à être parents. Nous sommes les meilleurs parents pour nos enfants. Ils ne veulent pas d’un autre parent, ils nous veulent nous en mieux 🙂 Ils sont faits pour nous aider à avancer et à évoluer … (euh les ateliers hein, pas les enfants … encore que…)

Et pour finir sur ce long billet, je tenais juste à dire que mon brave Papoune a eu une révélation pendant la conférence et en partant m’a dit qu’il ne regrettait pas et qu’il avait compris pourquoi Mathias voulait l’aider à cuisiner la pizza l’autre jour. Il s’était énervé mais que la prochaine fois, il saurait écouter. Et ça, ça n’a pas de prix pour moi ❤ Je suis très fière du papa qu’il est et qu’il devient chaque jour (quart d’heure émotion) !

Par contre ce matin, quand je lui ai dit « j’en ai ras le pompon mon ordi ne marche plus » il m’a dit « oui ? je t’écoute ? JE propose que tu utilises le mien, cette solution te convient elle ? » … La communication non violente dans le couple ? on en reparle ? 🙂

Bonne journée à tous et n’hésitez pas à lire les ouvrages de Thomas Gordon (Parents efficaces, éduquer sans punir etc) ils sont VRAIMENT chouettes !! ❤

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11 réflexions sur “Le jour où je suis allée à une Conférence Thomas Gordon

  1. Ah ben je ne te remercie pas! Comme si je n’avais pas suffisamment de livres en retard! Et moi je ne peux pas me lever deux heures avant le Chouetton Madame, non non non, parce que ça nous ferait du deux heures du matin. (Oui, certes, je pourrais en fait, c’est juste une question de volonté).
    ==> « Je vois une blogueuse qui me créé des besoins et un banquier qui me regarde de haut. Comment peut-on régler ce conflit les amis? »

    Bon. Bah je vais le commander. Pfffffffff…
    Tiens puisque tu es une experte: est-ce que tu connais la différence entre les ateliers Gordon et les Faber-Mazlish? J’ai lu « écouter pour que les enfants parlent… » (je viens de placer ma petite référence pour ne pas paraître complètement inculte) et cette question, on peut le dire, me taraude.

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    • ahahah désolée ^^
      Les deux se valent en tout cas j’ai entendu de bons échos concernant les deux. Maintenant les différences résident dans la méthode et peut être dans les prix ou la durée ?! A voir… A choisir je me sens plus proche de Gordon mais c’est kifkif… Au feeling à mon avis… en tout cas j’aimerai beaucoup y assister !

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  2. C’est rigolo, car Gordon est utilisé (cité, étudié) aussi dans le monde professionnel pour former les responsables au management ; avec le même schéma OK / NON OK pour la relation entre 2 personnes. + écoute active de tes collaborateurs pour faire passer les entretiens annuels, dans la résolution de conflits… De toute façon, à chaque fois que j’ai eu des formations management, j’ai fait le lien et transposer aussitôt ce qui pouvait s’appliquer dans la relation avec les enfants.

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  3. Pingback: La crise, elle est dans ma tête. | Reggio & Twins

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