les 100 langages : la peinture

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Je baigne dans l’odeur de l’acrylique depuis que je suis née. C’est comme l’odeur des madeleines de certains. Chez moi, le dessin c’est presque plus important que de savoir écrire. Ma grand mère était prof de dessin. Ma mère est artiste peintre, designer en chaussures de luxe, moi je suis assez passionnée aussi… bref, c’est une affaire de famille.
Que ça soit le pastel, le fusain ou l’aquarelle d’ailleurs. Tout y passe. Les enfants sont donc « guettés » depuis des mois sur l’évolution discrète de leurs talents artistiques :)… C’est un des 100 langages qui nous parle le plus. Donc on espère qu’ils vont suivre le mouvement (mais s’ils préfèrent la musique, pas de soucis ^^ ).

Ils ont eu accès très jeunes à la peinture. Comestible, faite maison, gouache… On essaie de varier. Et on élargit doucement notre « gamme » de couleur et de supports ! Du coup je vous livre mes premiers résultats de recherche et de documentation reggio 🙂

Déjà, il est conseillé entre 1 et 2 ans de :

  • Laissez les enfants gribouiller à leur aise.
  • Offrez de très grandes feuilles au bébé.
  • Offrez différents crayons de bonne grosseur, de manière à ce que les bébés aient une bonne prise (crayons de cire, tampons de Bingo, crayons en forme d’animaux, crayons à doigts).
  • Faites des tracés en invitant bébé à utiliser un seul doigt à la fois.
  • Offrez de grands cartons foncés et offrez de gros pinceaux.
  • Se mettre au sol ou sur chevalet.
  • Accrocher les oeuvres d’art comme au Musée. Montrer à l’enfant que c’est précieux.
  • Offrez une grande variété de matériaux pour peinturer et dessiner aux enfants (brosse à dent et peinture, plumes d’oiseau et gouache, bâtons, etc.).
  • Investir dans un aquadoodle ou lever le pied sur nos tentatives de les garder propres… ça les stresse !
  • Offrez à l’enfant plusieurs matériaux différents, telle de la crème à raser dans un miroir, de la farine dans une assiette, de la peinture moussante pour le bain.
  • Varier les supports : miroir, vitres, baignoires, carrelage, métal, bois, feuilles d’alu…

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Il faut noter qu’à cet âge, l’enfant explore son corps, ses gestes, ses limites, la cause à effets, la patouille, la texture et c’est du plaisir pur. Toute « réussite » est fortuite. Il explore son univers et la peinture est une exploration de plus. Et tout est bon à tester et à prendre. Notre travail serait alors de canaliser cette énergie et de lui apprendre les limites, une forme de réussite induite. Ca donnera naissance à l’écriture, au tracé précis, au geste calculé (après 2 ans). Mais je ne pense pas qu’il faille se limiter uniquement à ça. J’ai une sombre limite intellectuelle sur le coloriage « à ne pas dépasser » par exemple. S’il est important de maîtriser le geste, il ne faut pas non plus s’y attarder trop longtemps, en perdant toute spontanéité et tout plaisir.

Si les repères spatio-temporels et affectifs sont un gage d’équilibre et de structuration pour le
jeune enfant, sa créativité débordante s’accommode difficilement des propositions normées
des parents :
« mes enfants ont un espace réservé aux activités plastiques ; ils ont toujours à disposition
des feuilles de papier machine, des boîtes de feutres, craies, crayons de couleurs et
quelquefois peintures si je suis disponible ! »
Mais l’enfant dans sa logique d’exploration créatrice ne peut se satisfaire de ces espaces
conventionnels délimités, de ces moyens normés, stérilisant les associations mentales, ou
« couleur » induit « feutres, peinture », « support » équivaut à « feuille de papier blanche
rectangulaire »; il n’aura de cesse de s’affranchir de ces limites, de contourner les règles,
d’explorer les marges et de s’aventurer en terrain inconnu. Mais n’est-ce pas là une attitude
vitale, inhérente à la condition même de toute activité créatrice?

(source)

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Passionnée par l’approche reggio, je crois très fort à la stérilisation des associations mentales. Et c’est un combat que je compte bien mener. Dissocier l’ordre et la précision, de la création, du plaisir, de la découverte. Les loose parts sont là pour ça. On peint avec ce que l’on veut. On mélange les techniques, on s’affranchit des « un bonhomme ça ne se dessine pas comme ça ». Il n’y a pas de manière de faire. Et j’aimerai beaucoup que mon modeste article vous aide à remettre en question votre coin artistique. Comment est il organisé ? Dans quelle mesure l’enfant peut l’utiliser selon ses réels besoins et non les nôtres ? Comment proposer différents supports (recyclage, organisation, imitation…) ?

Les plus grands auront besoin d’utiliser leurs découvertes au sein de projets concrets, imaginés par eux (que ça soit la fabrication d’un théâtre de marionnettes ou la décoration murale dans le salon)… Ca les encourage et ça les valorise. Et c’est très sain pour tout le monde. Valoriser n’est pas féliciter sans but. C’est montrer que leur talent est valable, quel qu’en soit la forme et l’expression.

10888381_10152467767706401_3392673709948873924_nIl y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet et j’espère bien vous montrer les évolutions des garçons. N’hésitez à me donner vos avis ou conseils en commentaires 🙂

 

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4 réflexions sur “les 100 langages : la peinture

  1. Merci pour ton article, qui tombe à pic pour moi : notre coin « artistique » ne convient plus à ma fille de presque 23 mois, je cherche donc à le ré-aménager.

    Pour l’instant, sur une étagère à sa hauteur, elle a des pots en verre transparents contenant : gros crayons de couleurs (gros par le diamètre), petits crayons de couleurs (taille), gros feutres, feutres plus fins, craies (qu’elle n’utilise quasi jamais). Juste à côté, il y a une pile de feuilles blanches classiques A4, des autocollants, des tampons. A côté la pâte à modeler faite maison avec des accessoires. Elle se sert de tout ça toute seule et comme elle le souhaite.
    Ce qui ne convient plus pour cette étagère : les pots en verre sont trop lourds, elle n’arrive pas à attraper ceux de derrière seule (c’était justement fait pour qu’elle me réclame ce qu’elle voulait sans se servir seule, mais maintenant elle se sert seule, ce qui ne me pose plus de problème puisqu’elle respecte le matériel, donc il faudrait que je change de contenants… des conseils ? je veux que le matériel soit toujours visible…)
    Au-dessus (visible mais pas en libre accès), il y a du matériel de peinture : pinceaux de différentes tailles, gouaches 3 couleurs primaires + doré, argenté et paillettes (oui c’était pour Noël lol), feuilles de toutes tailles type canson…
    Dans un placard fermé, j’ai du matériel « créatif » du genre pompons, chenilles, perforatrices, scotchs décoratifs, papier crépon, papiers spéciaux, … que je sors quand je veux faire un essai de quelque chose avec elle.
    En « libre accès » elle a également un chevalet dans le salon, avec un côté ardoise et un côté tableau blanc, avec les craies et feutres à disposition.

    Pour le côté « démarche », ça évolue en fonction de mes idées et des intérêts de ma fille… Je n’ai pas grandi dans un environnement artistique mais je me suis découvert une passion à patouiller avec ma puce, qui adore ça.
    Je la fais peindre sur une table à sa taille (mais elle est debout pas assise, ça me fait bizarre de voir un enfant en train de peindre assis, c’est moi ou bien ?) ou sur un chevalet. Je lui fais choisir l’endroit où elle souhaite peindre.
    Côté peinture, je n’ai utilisé que de la gouache pour le moment… Je songerai à acheter d’autres types de peinture dans les mois à venir…
    En ce moment, son « activité » favorite c’est de patouiller dans la gouache avec les mains. Elle choisit donc sa couleur, je la mets dans un plat assez grand, et au fur et à mesure, on ajoute des couleurs, parfois on change de plat, elle peint aussi avec une petite voiture, une éponge, un duplo, … depuis peu. Elle est parfois plus intéressée par la patouille dans son plat que par le fait de peindre sur un support quelqu’il soit. Elle prend un immense plaisir à se peindre les mains au pinceau (ça chatouille !).
    J’ai testé la peinture avec une essoreuse à salade la semaine dernière, elle a aimé découvrir le « résultat » mais elle était déçue de ne pas peindre avec ses mains 😉

    Pour les productions, elle les offre (on croule sous les peintures en ce moment), parfois je les plastifie avant de les offrir, on en a fait des sets de table pour Noël (vive la plastifieuse A3), on les affiche un peu mais je ne sais déjà plus où les mettre…
    Pour celles en format A4, je les range dans des classeurs par ordre à peu près chronologique, et ils sont rangés avec ses livres, elle les sort pour les regarder avec nous ou les montrer.

    Bref, un peu long mon commentaire, mais voilà ce qu’on fait chez nous… Tu as des photos de ton coin artistique ?

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  2. Article très instructif. Je ne viens pas d’une famille de peintres, plutôt de musiciens. Chouetton est entouré d’instruments mais je ne savais trop comment aborder la question du dessin. Merci d’avoir initié cette réflexion de façon très pratique!

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