Concilier Religion et Bienveillance

xl_08101-peinture-michelangelo-la-creation-d-adamSuite à un débat très intéressant sur un groupe facebook, je me suis permise d’interroger quelques parents, croyants bienveillants, qui se sont livrés avec beaucoup de gentillesse et de sincérité, sur leur manière de concilier la Foi et l’éducation bienveillante. Pour moi qui suis jeune maman et jeune croyante, ces témoignages sont vraiment émouvants.
Bien sûr, on trouvera toujours des croyants qui frappent, qui crient, qui punissent. Comme partout. Mais je crois sincèrement, que celui qui est dans une démarche de recherche et d’amour, dans un lien avec Dieu et dans une réflexion intérieure et intime, se pose forcément des questions, un jour ou l’autre, sur son rôle parental et sur l’éducation qu’il souhaite donner. Il ne suffit pas d’être croyant pour être bienveillant mais ça peut aider et je me propose de vous livrer les paroles de ceux qui suivent la Parole (je tiens à préciser que je suis très fière de ma trouvaille stylistique !! 🙂 ). Loin des dogmes, des clichés et des raccourcis simplistes …

Jessica est chrétienne évangeliste, baptisée depuis 4 ans. Elle a 2 enfants, de 8 et 2 ans. Je trouve son témoignage très beau et très émouvant avec ce thème du soutien parental que l’on peut trouver dans la prière, dans le recueillement, dans le calme de la réflexion. Et dans ce courage, immense, de demander de l’aide quand on se sent dépassé. On sait qu’on sera toujours écoutés. Et c’est déjà tellement, d’être « juste » écoutés. 

« Dieu s’est fait connaître dans ma vie et a enlevé la haine que j’avais dans le coeur pour le remplacer par son amour. Il me comble tous les jours de ses bienfaits. Nous apprenons à nos enfants ce qui est pour nous la base, prier. On leur dit que Dieu les entend, qu’ils peuvent se confier à Lui et les aider dans leurs peurs de la vie. Ils viennent avec nous à l’Eglise.
Dieu m’aide avec mes enfants quand je rencontre des difficultés, je prie et je demande à Dieu de m’aider, de me donner un peu de sagesse. Il est l’Amour Juste alors il peut nous aider à être à l’écoute de nos enfants. Je ne leur ai pas appris vraiment à prier, ils nous voient le faire à table par exemple lorsque l’on rend grâce ou le soir. Ils nous demandent s’ils peuvent faire pareil ou on leur propose de le faire. Mon grand demande souvent à prier lorsqu’il a un problème. Nous prions le matin et le soir. Du moins on essaie d’être réguliers ! Chaque enfant dispose d’une Bible et d’histoires à lire sur le thème.
Certes dans la Bible, Dieu nous demande de corriger nos enfants et j’ai déjà mis des fessées au grand mais je suis profondément contre cette violence et j’essaie de faire mieux, tous les jours. Je ne juge pas ceux qui frappent souvent. S’ils sont croyants je les encourage à demander de l’aide à Dieu. S’ils ne le sont pas, je les encourage à en parler, à verbaliser. Car Dieu est vraiment un plus pour les parents.  Bien sûr il y a des croyants qui ne sont pas bienveillants mais c’est triste car Dieu est une limite et un soutien surtout quand ça ne va pas. Il m’est déjà arrivé en cas de soucis de m’isoler pour prier et pour me calmer.
Dieu est un modèle car on peut être son reflet et avoir une relation avec ses enfants comme on a une relation avec Lui.
Si mes enfants sont athées je serai déçue qu’ils n’aient pas rencontré Dieu car une vie sans Dieu ne vaut rien. C’est tellement important d’avoir Dieu dans son coeur. Mais on leur aura montré le Chemin, ils auront entendu la Parole. Après, à eux de faire leurs expériences. On ne pourra jamais les forcer. Le choix d’accepter Dieu est personnel. On priera pour que Dieu les touche, un jour ».

Jp est un papa chrétien protestant réformé (comme moi). Je trouve ça merveilleux d’avoir un témoignage de papa eux qui se font si rares dans les groupes. Un papa qui, dans sa relation avec son fils, trouve du soutien en le Père.

« Je suis le père d’un enfant de 2 ans et demi.  Je me suis assez récemment converti et ma femme vient du monde évangélique qui est un peu plus fervent. Alors pour moi enseigner la religion, c’est être un témoignage de l’amour de Dieu pour les autres et à ce titre je ne vais pas enseigner une quelconque dogmatique, ou forcer mon fils à croire. Mais pour l’instant je me contente de prier avec lui ou pour lui (selon son choix) et d’avoir une bible illustrée qu’il aime particulièrement mais au milieu de ses autres livres comme ours brun, avec la liberté de regarder ou non cet ouvrage…
Pour moi la bienveillance envers autrui est le propre de l’amour de Jésus manifesté pour chacun. Du coup je dirais oui, cela m’aide à penser mon fils comme un être que je dois aimer, traiter avec amour. La vie que prône Jésus christ est non violente, pour les ennemis, pour les inconnus et donc évidemment pour son fils. Par ailleurs je veux finir sur un passage de la bible qui démontre l’amour de Jésus pour les enfants : « Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, 3 et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. 4 C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. 5 Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. 6 Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. ». La fin semble rude, mais j’y lis cet attachement pour ses enfants et cette bienveillance que j’essaie de vivre chaque jour avec mon fils
j’ai été élevé dans une profonde bienveillance et de fait je suis très proche de mes parents. Pour moi continuer cette pratique c’est non seulement reconnaître les bienfaits de cette forme d’éducation sur moi mais aussi pouvoir en quelque sorte honorer mes parents. Mais s’il en avait été autrement, je pense que j’aurais su m’affranchir de leur éducation. Ainsi mon père était absent de mon éducation et je vis tout autrement ma relation avec mon fils.
Concernant les parents qui frappent, j’ai eu l’occasion de prêcher et que Dieu me pardonne mais j’en ai profité pour parler de ça, en disant que l’amour devait conduire chacun de nos actes.Sans essayer non plus d’aller au delà du texte mais en mettant les textes en parallèle.
Paul en parle : « Enfants, obéissez en toutes choses à vos parents, car cela est agréable dans le Seigneur. 21 Pères, n’irritez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent. « 
C’était là dessus que j’avais prêché, sinon honnêtement c’est vrai que ça m’énerve. Au tout début j’étais dans une église évangélique avec beaucoup de personnes en provenance d’Haïti et eux avaient dans l’idée qu’une bonne éducation se fait au ceinturon. Alors je ne sais si c’est culturel, ou si c’est d’autres raisons mais j’enrageai d’entendre ça… »
Si mon fils est athée, j’ai été athée 36 ans de ma vie, mes parents le sont, je saurais m’en remettre. Je serais heureux qu’il soit heureux tout simplement, la foi est un cheminement personnel ». Taymiyya est musulmane. Elle a deux enfants de 2 ans et 3 mois. Elle finit d’allaiter pour m’envoyer son joli témoignage. Je le trouve chaleureux et réconfortant, si agréable à lire, si nouveau pour moi et pourtant si proche de ce que je connais déjà. Car les paroles d’Amour sont dans toutes les religions les mêmes…
« Ils sont petits mais pour le plus grand (2ans) je lui lis des livre pour enfants sur l’histoire des prophètes. Je lui apprend le bon comportement (respect, honnêteté, générosité, simplicité, politesse, être souriant et reconnaissant ect…) qui est très important et une obligation dans notre religion. En voici quelques exemples notre prophète (que la paix soit sur lui) a dit : « Les croyants ayant la foi la plus parfaite se sont ceux qui possèdent le meilleur caractère. » il a dit aussi « Le meilleur d’entre vous est celui qui possède le meilleur comportement » et aussi « Rien ne pèse plus lourd dans la balance du croyant le jour de la résurrection que sa bonne moralité et son bon caractère » et « Vous ne pouvez pas donner de l’argent à tout le monde. Mais montrez leur un visage radieux et faites preuves de bonne moralité » il y a des tonnes de hadiths dans ce sens je ne vais bien sur pas tous les citer 🙂
Je lui apprends la propreté, la protection et le respect de notre planète, ainsi que celui de leur corps qui est pour nous musulmans un dépôt qu’Allah nous a donné nous devons donc en prendre grand soin. Le prophète a dit : »Allah est Pur, Il aime la pureté, Il est Propre (« nadhîf »), Il aime la propreté (« nadhâfah »), Il est Bon, Il aime la bonté, Il est Généreux, Il aime la générosité. Nettoyez donc autour de vous (« fanaddhifoû »).
Ne pas jeter ses détritus n’importe où : Le Prophète (la paix soit sur lui) a compté comme une branche de la Foi du musulman « le fait d’enlever du chemin ce qui cause du tort ».
Planter le maximum de plantes et d’arbres utiles . Le Prophète (la paix soit sur lui) a dit :  » Chaque fois qu’un musulman plante un arbre ou sème une graine, il aura à son actif comme aumône tout ce qui aura été mangé du produit de cette plante par un oiseau, un homme ou un quadrupède » etc…
Le respect et la bonté envers les gens les animaux car le Prophète a dit : « Ayez de la miséricorde pour ceux qui sont sur terre, et Celui Qui est au ciel vous aura en Sa miséricorde. » « Tout bien fait à toute créature vivante est récompensé » Le chat fait partie des membres de la famille. 🙂
Etre Croyante  m’aide car l’Islam nous interdit de frapper un enfant, le Prophète n’a jamais levé la main sur un enfant pour éduquer il n’avait recours qu’a la parole et nous avons pour obligation de suivre son exemple. Des fatwa vont dans ce sens aussi comme celle intitulé  »honte a toi ne frappe pas ton enfant » on nous demande de corriger uniquement par la parole, par l’explication, uniquement la communication. Devant suivre son exemple (la sounna) on nous demande beaucoup de patience face aux enfants.
Voici par exemple : D’après Abdullah ibn Shaddad qui l’entendit de son père : «Le Messager d’Allah, Paix et Bénédiction soient sur lui, sortit un soir pour nous conduire pour maghrib ou ‘isha’, et il portait Hassan ou Husain. Le Messager d’Allah s’avança et mit (l’enfant) à terre, puis il dit le takbir et commenca à prier. Pendant la prière, il se prosterna et resta prosterné longtemps. Mon père me dit: « Je levai la tête et vis l’enfant sur le dos du Messager d’Allah, alors qu’il était prosterné. je retournai à ma prostration. » Quand le Messager d’Allah termina la prière, les gens lui dirent : « Ô Messager d’Allah, pendant la prière, tu te prosternas si longtemps que nous pensions que quelque chose était arrivé, ou que tu recevais l’Apocalypse. » Il dit : « Il ne se passa rien du tout, mais mon fils était monté sur mon dos et je ne voulais pas le déranger jusqu’à ce qu’il en ait assez ».
Je conclurai par rapport aux remarques pas sympas que l’islam est parfait mais pas l’homme (nous sommes de pauvres pécheurs) donc blâmer l’homme pas la religion. L’Islam est une religion a qui ont fait mauvaise presse, il y’a beaucoup de fantasmes autour de nous lol Par exemple pour l’allaitement on nous demande d’allaiter si nous le pouvons 2 années complètes c’est un droit que l’enfant a sur nous pour sa santé et pour créer ce lien de proximité ».

Mihaela est chrétienne mais sans branche particulière. Elle enseigne donc des valeurs qui lui sont personnelles sans dogme imposé. Sans suivre un Chemin prédessiné. Au feeling ! Et avec beaucoup de sagesse …

 » J’ai 3 enfants de 6, 4 et 10 mois. Nous sommes chrétiens. On n’enseigne pas la religion, nous croyons pas dans les traditions. On essaie de leur parler tout simplement de Dieu et de leur lire la Bible ou leur expliquer ce qui est bien, ce qui ne l’est pas et pourquoi.
On fait le maximum pour les éduquer dans la bienveillance et notre croyance nous aide beaucoup. Même si ce n’est pas toujours facile et que des fois on a recours aux punitions ( au coin, dans sa chambre le temps de se calmer un peu et qu’on puisse parler, privation du dessert ou de son jouet préféré…) 😦
Le papa travaille beaucoup et moi je reste avec eux à la maison. Et j’essaie de leur donner des exemples pris dans la Bible: par exemple il faut partager car jésus a partagé le pain et les poissons, il faut pardonner aux autres, tout comme jésus a pardonné à ceux qui lui ont fait du mal….j’essaie de trouver des exemples qu’ils puissent comprendre.
Je pense que ceux qui frappent  sont des gens qui souffrent au fond d’eux et qui n’ont pas trouvé le calme et la paix que peut t’apporter la croyance en Dieu. Je ne suis pas d’accord, bien évidemment mais je sais que Dieu sait très bien ce qui se passe et s’Il permet que cela arrive, il doit y avoir une raison. Nous pouvons essayer de donner des conseils, trouver des solutions pour les pauvres petits frappés afin que tout le monde soit bien et à l’aise. A l’extérieur et à l’intérieur aussi. Surtout prier pour que Dieu ait pitié d’eux.
Pour la Bible, nous en avons une mais je trouve qu’elle n’est pas encore adaptée aux enfants. Peut-etre quand ils auront vers 8-10 ans. On essaie de prier en famille le plus souvent possible, surtout à table et avant d’aller se coucher. Et aussi quand l’aîné surtout se sent triste et n’est pas bien, je lui dis que prier pourrait l’aider. Mais je ne le force pas le faire. Il faut que ça vienne de lui tout seul. Déjà si on essayait de suivre, dans la vie de tous les jours, tout ce qui est écrit dans la Bible on serait tous meilleurs..pas parfaits, nul est parfait mais, au moins on serait plus attentifs et plus généreux. Et disponibles pour venir en aide à ceux dans le besoin. Et on ferait moins d’erreurs et on pardonnerait plus…donc d’autant plus avec les enfants ».

Krapuik est musulmane. J’aime son témoignage car il complète très bien celui de Taymiyya, loin des clichés qui ont la vie dure. C’est pleine d’amour et de respect pour sa petite qu’elle nous montre comment sa religion l’aide tous les jours.

« J’ai 1 fille de 21 mois.  Je lui parle de ma religion. L’islam responsabilise beaucoup les parents sur leur enfant et invite les croyants à être doux et gentil avec autrui. La violence physique n’est qu’un ultime recours dans des circonstances bien encadrées auxquelles je n’ai jamais été confrontée jusqu’ici. Donc oui ma religion m’aide beaucoup puisque le meilleur des musulmans est celui qui contient sa colère et est le premier à ouvrir la discussion.
Je dirais que les gens confondent islam et Maghreb déjà, et surtout traditions arabes alors que la chrétienté n’a rien à voir avec le folklore normand par exemple 🙂 De plus la violence de l’actualité pousse les gens à tout mélanger, on élève pas nos enfants avec des sabres dans la haine de l’Occident comme certains se l’imaginent. Concernant les dogmes musulmans il faut savoir qu’ils incitent à prendre ses responsabilités, à être bon et juste, à essayer d’être bienveillant envers les autres, ça c’est l’islam que je connais, pas celui de certains, musulmans ou non… !
J’ai une vision peut être vue comme « cucul la praline  » mais je me contente de montrer (et ma puce imite) et je lui explique ce que je fais (là je me lave pour être bien propre pour prier, parce que pour prier il faut être pur – On ne mange pas de la viande non hallal parce que le sang transporte beaucoup de toxines on les mangerait – je ne prends pas la pièce au sol parce qu’elle ne m’appartient pas et ce serait du vol etc…) Quand elle sera en âge de me questionner je lui répondrais tout simplement. Je n’en ai pas la preuve mais je crois que c’est la meilleure façon de faire, sans forcer, sans mettre la pression; laisser l’enfant « absorber » ce qu’il lui convient de mes choix, j’espère qu’elle les aimera, et le laisser faire ce qu’il lui semble le mieux.
Si ma petite était athée, je serais inquiète parce que je crois d’abord que les religions dans leur ensemble sont un soutien non négligeable dans la vie, une aide précieuse, c’est d’ailleurs prouvé scientifiquement . Ensuite je serais inquiète parce que je suis musulmane et que j’ai choisi ma religion parce que je crois que c’est la bonne, que j’ai raison, je m’inquiéterais donc de ce que Dieu pense d’elle et j’espererais qu’il la guide et la bénisse parce que c’est mon enfant et que mon amour pour elle est immense.
Je pense que qu’une personne religieuse et bienveillante ( gros, très GROS pléonasme non?) ressemble fort à une autre personne bienveillante et religieuse , même si la religion diffère. Après certains aiment le sucré ou le salé, ou les 2…dans la religion on prend ce qu’on veut après tout, le côté altruiste, doux, généreux ou le côté conquérant, guerrier, et omnipotent ».

 Chloé est chrétienne catholique. Elle a  deux filles, de 5 ans et 4 ans. Elle livre un témoignage qui soulève beaucoup de questions sur la pratique au quotidien, sur l’apprentissage de cette conciliation entre le divin et le matériel de la réalité d’une vie de famille. 

« Nous leur enseignons surtout le commandement « aimez-vous les uns les autres » pour « aimer Dieu » nous attendons que ça vienne d’elles mêmes. Pour le reste, nous vivons notre foi et elles sont témoins de cela.Nous prions parfois en famille, c’est par période ; en ce moment, pas tellement. Nous allons également ensemble à l’eucharistie le dimanche. Nous les avons aussi emmenées dans des rassemblements chrétiens.Nous leur racontons les histoires de la Bible à travers une Bible pour enfant, elles apprécient beaucoup et aiment aussi la regarder seules. Elles ont aussi d’autres livres.C’est bientôt Noël, on a une crèche en jouet car elles voulaient toujours jouer avec les personnages de la crèche ; c’est très sympa de s’approprier l’histoire.
Cela nous aide à être bienveillant. Nous pensons que Jésus était vraiment bienveillant. Et qu’il est important de respecter nos enfants comme des petites personnes. Ainsi l’éducation bienveillante nous apparaît comme une continuité. Quant aux passages de la Bible qui sous entendent plutôt le contraire, nous tenons à les replacer dans le contexte de l’époque où ils ont été écrits. Le message du Christ est vraiment le plus important à nos yeux.
Nous avons baptisé nos enfants bébé, cette question fait parfois débat. Pour notre part, nous considérons le baptême comme une grâce, un don, une onction de l’Esprit Saint. Ce n’est pas un engagement de l’enfant, ni une contrainte, nous leur avons donné ce que nous pensions être le meilleur pour elles. Cela ne les empêchera pas de choisir plus tard, d’avoir la foi ou non.
Le seul contexte un peu difficile lié à la religion sera l’eucharistie, où les enfants « doivent » être silencieux pour ne pas déranger les autres ; suivant les endroits les personnes sont plus ou moins compréhensives, mais on accepte de mieux en mieux un enfant « plein de vie » ou du moins pas complètement silencieux. »

Liliana est également chrétienne catholique. Elle a un petit garçon de 30 mois. J’aime ces mots car ils sont naturels et doux. C’est comme une évidence et ça se ressent. C’est simple, concis et solide. L’amour se transmet et s’apprend. Le partage est au centre de cet apprentissage et la religion en est le véhicule.

« Dans mon cas la religion ne fait pas de moi quelqu’un de plus bienveillant que d’autres. Je lui parle au quotidien de Dieu et Jésus. pour le moment je n’ai pas abordé Marie ni apôtres. Je lui explique que on a besoin de croire en un créateur unique qu’on « ne voit pas » mais qui est présent dans tout ce qui nous entoure. Je lui explique que pour le louer on prie ou on chante. (Pour le moment je lui ai chanté quelques chansons de Marie qui s’occupe de l’enfant Jésus).
Actuellement Noël approche et jour après jour je partage des éléments sur la naissance de Jésus afin qu’il comprenne l’importance de ce jour pour nous (chrétiens) mais aussi pour toutes les religions monothéistes. Je lui explique que ce qui est important c’est d’être entouré des gens qu’on aime pour ce moment. Quand il sera un petit peu plus grand je l’emmenerai à la « messe du coq » (nom donné chez la communauté latine) à minuit afin de louer ce jour.
Sinon dans la vie de tous les jours je lui montre le partage en donnant à des personnes qu’on connaît ou pas, le pardon en n’étant pas rancuniers, la gratitude envers son prochain et le plus important l’Amour des autres quelle que soit sa religion car c’est une chose que je fais naturellement et à laquelle je suis très attachée. J’ai décidé aussi de lui expliquer les autres religions dans les grandes lignes mais quand il aura bien intégré la notion de religion.
Un point sur lequel je travaille beaucoup en ce moment c’est l’aide qu’il reçoit et l’aide qu’il peut offrir. »

Voila j’espère que ça donnera un nouvel éclairage aux personnes qui ne sont pas croyantes. La Religion, lorsqu’elle est intelligemment utilisée, est un solide vecteur de bienveillance et de valeurs humaines que je trouve personnellement en forte régression et c’est bien dommage. Oui il y a des fous partout, parmi les croyants comme parmi les athées. Qui ne savent pas respecter leurs enfants, comme les merveilleuses personnes qu’ils sont. Mais suivre des règles « dictées » par un Livre (ou s’en nourrir pour une réflexion ) ne fait pas des croyants des bisounours sans morale personnelle ou des tortionnaires psychorigides. Ce sont juste des gens normaux qui tentent de concilier dans leur vie de tous les jours plusieurs sphères. Ils sont vite catalogués, parce que « différents » et c’est bien dommage. En tout cas, pour ma part, je suis ravie d’avoir ces témoignages sur ma page. Ca n’a pas de lien réel avec l’approche Reggio (encore que on peut en trouver). Mais ça me fait toujours chaud au coeur de constater que les croyants sont beaucoup plus proches qu’on ne le pense et que des ponts sont possibles à créer. 

Puissions nous tous avoir le même esprit ouvert et la même tolérance. 

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9 réflexions sur “Concilier Religion et Bienveillance

  1. Je suis croyante peu pratiquante et j aime l idée de concilier religion et éducation. L un ne va pas sans l autre pour moi…on a besoin aujourd’hui de croire de fonder notre famille sur les bases solides avec des valeurs et traditions…

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  2. Je suis toute a fait d’accord avec ces temoignages. Je trouve que c’est tres bien que tu as consacre un billet a ce sujet car dans notre culture europeenne, d’ailleurs je comprends tres bien le pourquoi, la bienveillance est souvent pronee par des personnes qui sont dans une demarche tres laique ou feministe. Pour moi la bienveillance et le feminisme meme sont inseparables de la fois. Je me demande comment peut-on etre croyant si on ne respecte pas le plus profondement l’etre humain (creation divine) et ses plus fragiles, notemment les enfants et les femmes? pour moi tout mon encheminement vers la bienveillance a pris son elan de la fois. mon pere, catolique italien, mais tres critique envers l’eglise (il a ete eduque dans les annees 40 dans des etablissement scolaires catholiques) m’a toujours dit que l’eglise est la pour enseigner le bien et le mal, et justement on sais tres bien faire la difference en nous, meme s’il y a une partie culturelle aussi, si on y pense on sais tres bien que c’est mal de frapper un enfant…

    Aux Etats unis cela se passe plus naturellement, en lisant les blogs de mamans cela est claire pour moi.

    Puis il y a la question de l’IVG, mais cela est tres compliquee… J’etais d’abord feministe et pensais en termes de droits de la femme,, mais de nouveau se pose la question: et l’etre plus frangile? Qui va le proteger si meme sa maman ne le fait pas? la aussi c’est une experience tres douleureuse qui a change mon regard. En meme temps foi n’equivaut pas toujours l’enseignement de l’eglise, je pense a la contraception avec laquelle on pourrait bien eviter des grossesses qui terminent ainsi…
    mais tout cela est tres delicat et c’est dommage que c’est difficile d’avoir un debat saine sur ces questions.

    En tout cas merci

    Patrizia

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    • Merci pour ton temoignage et oui tu as raison, avoir la Foi est une aide précieuse à voir la beauté de la Création et à se faire militant pour la proteger (que ce soit la bienveillance, l’écologie, le feminisme et meme le specisme pour les vegetaliens…).
      Par contre effectivement tous les Croyants ne sont pas Chrétiens et tous les Chrétiens ne dépendent pas d’une Eglise qui dicte des « règles » à suivre. Moi protestante je suis très attachée à ma liberté de penser et d’analyser par moi même ce que j’estime à faire ou à ne pas faire 🙂
      C’est délicat mais il faut pouvoir en parler, sans tabou, sans prosélytisme, juste dire « moi ça m’aide » .

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    • La foi n’est pas une éthique stricte ou édictée par des tiers ou un livre, la foi est avant tout une relation avec Dieu. Donc je pense qu’il n’est pas utile forcément d’avoir une position tranchée sur des points d’éthique et puis même chez les non croyants il y a pluralité des pensées en matière de « morale ». D’ailleurs, je préfère le terme éthique qui renvoie à l’idée de « personne », une morale choisie et vécue qui n’a pas forcément vocation d’universalité.

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