Gerer les premières frustrations

shtroumf

*Enlève ses boules Quiès* Quoi ? Quelles frustrations ? Mes garçons ? Mais non vous devez faire erreur, mes garçons sont des amours de petits garçons… Les pleurs/cris/roulages par terre ? ah ce sont des frustrations ? ah mince *remet ses boules quiès*

Ca y est. Je peux continuer à fermer les yeux (et les oreilles). Mais force est de constater que ça a commencé. Mes garçons, 18 mois et demi, ont compris que parfois, la vie ne va pas forcément comme ils l’entendent et qu’en plus ils sont en droit d’exprimer leur mécontentement. Gloups !

Je me prépare à ce moment depuis des mois. J’ai rempli mon réservoir émotionnel comme une citadelle qui attend un siège. Les entrepôts sont pleins à craquer. C’est important le réservoir. Ca permet de ne pas craquer. De ne pas se mélanger les pinceaux, de ne pas oublier qui est la « victime » dans l’histoire. Qui évolue, qui apprend, qui a des choses sur le coeur. Remarque, moi aussi j’ai à apprendre (supporter, encaisser, patienter, expliquer pour la 2680 fois, rester zen, expliquer, rester zen, supporter … pendant 15h par jour !). Mais ce qu’ils ont eux à apprendre est bien plus difficile et je pense qu’il faut que ça soit bien engagé.

La frustration (j’aime ni le terme de colère ni l’horrible Terrible Two) est un apprentissage de la gestion des émotions. Un apprentissage des règles de la maison (qui peuvent se négocier) et des règles de la vie (qui sont plus compliquées à adapter au bon vouloir du bibou). C’est à mon stade complètement porté sur le langage et la communication. Je mets les deux mots car toute communication n’inclut pas forcément le langage (qui est au niveau de la mer actuellement…). Ils expriment des sentiments, des pensées, des doutes, des troubles… sans nuance, sans filtre. Tout sort de la même manière (à coups de cris stridents pour l’un et de pleurs effet sirène de pompiers pour l’autre !). Et je tiens à leur apprendre à nuancer.

Règles mises en application pour le moment (j’entends déjà certains ricaner, mais au moins j’essaie d’avoir un « plan » !)

* Autonomisation poussée au maximum : tout ce qu’ils peuvent faire seuls, ils le font. L’aménagement de l’appartement suit de peu leurs progrès (mettre à portée de nouvelles choses, notamment la garde robe). Offrir toutes les libertés possibles pour contre balancer.
Adaptabilité parentale : surtout mentale. Rester cool. La souffrance n’est pas de ne pas avoir de gâteau. La souffrance c’est de ne pas comprendre pourquoi le cause à effet « je pointe du doigt le paquet de gâteau » ne fonctionne pas. Les phrases se rallongent donc et restent positives : Je comprends que tu veuilles ce gâteau cependant nous allons bientôt dîner.
Etre positif : Depuis la première heure en néonat, je tente au mieux de maîtriser mes sentiments d’inquiétude en leur présence. Maintenant je crois beaucoup au cercle vicieux. Si je suis énervée, ils ne vont pas comprendre, ils vont angoisser, ils vont s’énerver, ça va m’énerver etc… Donc il faut être positif. Ils apprennent. C’est la vie, c’est comme ça, mes oreilles s’en remettront.
* Aucune frustration volontaire : « comme ça il apprendra » … bonjour le sadisme…
* Soigner l’attachement : Ils ne me haïssent pas. Ils ne font pas ça pour m’embêter. Ils ne tentent pas de prendre le pouvoir. Ils souffrent. Et je dois rester le porte avion (Isabelle Filliozat) stable et enclin à leur ouvrir les bras quand ils ont besoin de faire le plein pour aller explorer, toujours plus loin. C’est un mouvement en étoile. Et j’en suis le centre. Que je le veuille ou non, que j’y sois disposée ou non. Je dois faire avec. Et avec le sourire !!
* Respecter : La douleur d’un petit bout haut comme 2 pommes, ça se respecte. Pas de blagues, pas de « ohh ça va c’est riennn ». Lui il ne va pas bien. Moi si. Donc c’est à moi de gérer.
* Ne pas poser des interdits mais des règles. Se poser des limites à SOI. J’ai fait la liste des règles non négociables, qui pour MOI, sont importantes. Et je m’y tiens. Quoiqu’il arrive. Que je sois fatiguée ou non, en retard ou non etc… On ne crie pas, on ne frappe pas, on mange à table, on range ses affaires… Certaines seront négociables, en famille, à l’avenir. Mais se poser des limites à soi, ça évite de craquer, le jour où, dans un coup de mou, on a juste envie de s’allonger avec les gamins dans le canapé à manger des chips en regardant Friends. C’est jouable. Mais à quel prix ? Comment expliquer à un si petit que des fois oui, des fois non… La souplesse viendra doucement mais pour le moment, je tente de montrer l’exemple surtout.

Comment apprendre dès le départ à communiquer ses sentiments : ce n’est pas évident pour une mère mais il faut savoir accepter. Ce que les enfants ont à dire n’est pas toujours facile à entendre mais c’est ainsi. Et ils communiquent depuis la première seconde. Ils communiquent juste de nouvelles choses, des sentiments qui les dépassent, eux aussi un peu. Ils sont des pré-ados boutonneux plein d’hormones taille 24 mois. A moi de leur apprendre à avancer. Dans l’écoute.
Parce que ça ne sert à rien de leur apprendre à communiquer des sentiments que nous ne sommes pas capables d’entendre (vécu personnel, pas le bon moment de la journée, esprit obstrué par d’autres soucis etc…). Il faut avoir les oreilles et surtout les yeux disponibles. Il y aura forcément des conflits d’intérêt. Des malentendus. Mais il ne doit pas y avoir de tabou.
Oui ils peuvent faire des crises en plein milieu du magasin parce que oui ils sont en droit d’être saoulés. Si je ne suis pas prête à l’entendre et à l’accepter, c’est peut être parce que ça me jette à la face ma propre erreur de les emmener ?

Mettre en place des règles imagées. Des coussins de la haine totale vis à vis du monde. Ecouter du black Metal en pogotant dans le salon. Se défouler au parc. Soigner les rituels. Répéter et préparer les choses à l’avance. Faire attention aux transitions entre les activités. Etre souple. Revoir ses priorités en cas de fatigue excessive.

Mais surtout, prendre conscience que c’est un marathon et pas un sprint. Que c’est une partie qui se joue à deux. A trois même !

Souhaitez moi bon courage ^^

Advertisements

14 réflexions sur “Gerer les premières frustrations

  1. bon courage, ici aussi (et ça fait 1 ou 2 mois) que la frustration a commencé. Pareil 18 mois.
    au début pas facile, heureusement on est 2 parents (ça aide!), et puis on apprend les uns des autres et pitchoune aussi, au final ça passe (mm assez rapidement maintenant, on laisse crier un peu, c’est ça au début supporter les cris ou pleurs) on utilise la règle des 3 fois, un peu la chambre pour la mise de côté (j’aime pas trop ) et on l’entend dire et faire « non non non » qd il sait qu’il n’a pas le droit, même s’il y va!!
    Enfin on voit que ça rentre et que ça progresse: c’est bon signe!
    alors on a le droit aux interrupteur « appuie »…donc dès qu’on peut on le fait allumer ou éteindre, ça évite qu’il joue avec…on a le droit au déplacement de la chaise (ou de l’escabeau, grand jeu!) pour accéder en hauteur…alors là faut revoir les plans de mise hors de portée!
    Pareil on reste zen et souple, je remplie le réservoir, on fait diversion, bon on lâche un peu sur tétine et doudou pour calmer la frustration (surtout qu’il y a aussi la petite soeur d’1 mois 1/2), on communique et positive, et on essaye de mettre le minimum d’interdit en aménageant la maison, en gardant les rituels, et on commence à savoir ce qui peut marcher (mm si ce n’est pas tout le temps!)

    Aimé par 1 personne

    • Bon courage alors à vous aussi ^^
      Ici on console, on dit qu’on comprend, on détourne quand on y arrive, on soigne les transitions (on prend un objet pour en donner un autre par ex), on reste cool. On n’a pas de mise de coté on essaie de s’en passer, les crises ne durent jamais longtemps et elles sont « legitimes » donc finalement on apprend juste que c’est la vie, c’est comme ça ^^
      Et pour l’instant les quelques regles qui sont dépassées ne sont pas tres graves (appuyer sur les boutons notamment)…
      On avance, doucement, tous ensembles ^^

      J'aime

  2. Phase de construction indispensable….qui dure quelques mois de façon intense et qui est aussi appelée la première adolescence. C’est pour ça que les graines que nous semons à cette période-là sont si importantes car elles germeront lors de l’adolescence et un enfant qui a été accompagnés dans la découverte et la gestion de ses émotions ainsi que dans la gestion de la frustration sera très probablement un adolescent qui sera bien « outillé » pour traverser cette phase. Chez moi aussi, petite puce n°2 a 21 mois et hurle, se roule par terre et s’arc-boute dès que quelque chose lui déplaît….réflexe : « tu sembles vraiment en colère/tu es triste….tu veux venir près de moi/tu veux un câlin….c’est vrai que c’est difficile d’attendre un jouet/de ne pas avoir de bonbons… » et surtout lorsque je la vois toute rouge en train de se rouler par terre, j’imagine son petit cerveau submergé par les ém
    otions et le stress qu’elle n’arrive pas à contrôler…et là je me mets en mode « maman protectrice »…pas toujours facile mais avec de l’entraînement et la bonne interprétation ça finit par devenir réflexe !

    J'aime

    • Merci pour ton commentaire tres vrai et tres positif et encourageant ! Il y a effectivement beaucoup de choses à semer et beaucoup de choses à éclore de la premiere periode (osera t’il exprimer ses sentiments s’il n’en a jamais eu l’occasion en 18 mois par ex ou si ces sentiments n’ont jamais été écoutés ou pris en compte).
      Je pars motivée, on verra bien dans 6 mois 🙂

      J'aime

  3. J’aurais aimé lire cet article quand Petit bonheur est entré en phase de gestion compliquée de la frustration (ce petit ne fait rien à moitié!). Ma deuz’ y arrive à grands pas et avec le recul je suis plus zen et cette fois-ci j’ai des clés qui ont fait leurs preuves (proposer des choix, encourager l’autonomie etc)

    J'aime

  4. bon pour la frustration on commence à gérer…par contre question autour de l’écoute pour Pitchoune…on a l’impression qu’il n’écoute pas ce qu’on lui dit…bref aujourd’hui on se questionne sur l’obéissance…après c’est sur que c’est sur la durée…

    J'aime

  5. Pingback: Faire face à la colère de son petit. | Reggio & Twins

  6. en relisant mes commentaires c’est drôle de voir les avancés et les périodes qui se succèdent! maintenant on teste les papiers à froisser et à jeter lors des colères…faire diversion, et toujours mettre des mots sur les resenti de pitchoune…on y arrive…! (faut que j’avance ds les outils des émotions, livre de « comment je me sent » bien mais pas complet à mon sens sur des élémentaires)
    Dans la semaine, on m’a dit « ah mais la période du non va revenir, il n’a pas encore 2 ans… » bon j’espère que c’est passé…on verra…
    enfin on est toujours content de voir que l’autonomie avance, le langage et la compréhension aussi!

    J'aime

  7. Wow moi je suis hs vidée fatiguée au bord de la crise…..je salue ton recul…des fois j y arrive des fois non..elle a 2 ans et demi et l autonomie n°1 ici….

    J'aime

  8. Mon fils a 2 ans et le début fut surprenant, entre le fait qu’il me tape, me morde et se cogne la tête par terre…. Finalement, ce que j’ai compris, c’est que face à ce trop plein de stress il fallait que je lui propose ou lui impose parfois un gros câlin. Il a besoind e remplir son réservoir d’amour, tout simplement. Par contrem la règle de ne pas taper, j’aimerais bien savoir comment vous arrivez à l’appliquer.

    J'aime

  9. Aaaah la frustration.
    Ici les  » crises » sont courtes mais nombreuses.
    C’est simple, la frustration arrive des qu’il demande un gâteau, sauf que il demande, je refuse : il se met en colère. Je tempère. A peine fini il redemande un gâteau… Et il peux dire ça 10 fois d’affiler –‘

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s