Notes sur Reggio : Partie 2 : L’Environnement et le Temps

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Après la première note que vous pouvez retrouver ici, sur les Relations et la Créativité, issue de ma traduction de l’ouvrage « Bringing the Reggio Approach to Your Early Years Pratice« , voici la seconde note sur l’Environnement et le Temps dans l’approche Reggio.

Si les relations et l’aspect créatif m’étaient familiers, ce qui suit a été une découverte réelle et passionnante. Cette découverte donne même un espoir à ma tentative d’appliquer cette expérience Reggio chez moi, avec mes jumeaux. Elle donne de la profondeur à ma réflexion et m’aide à visualiser vers quel chemin je souhaite avancer. Il faut bien le formaliser puisqu’il n’y a pas de pédagogie toute établie à suivre.

L’environnement est appelé le « 3eme Enseignant » . Rien que ça.
Il a un réel rôle actif et c’est vraiment une priorité. D’ailleurs une salle de classe de type Reggio se repère immédiatement. Elle est rangée, organisée et colorée. Chaque espace a un but bien précis : être créatif, faire des choix, explorer, réfléchir et enquêter, s’engager dans des projets, communiquer, avoir un espace privé…
Toutes les écoles sont organisées autour d’une « place centrale », d’un atelier, d’une cuisine, et de salles de repas, avec une cour donnant sur l’extérieur. La zone d’apprentissage est composée de supports variés (notamment les célèbres Loose Parts ), que les enfants peuvent utiliser librement. Elle est grande car les enfants ont besoin d’espace. Cette zone évolue avec l’âge des enfants et n’a pas de schéma idéal ou préconçu. Elle doit proposer le maximum de possibilités (plantes, livres, matériaux…). L’enfant doit pouvoir tout voir pour se sentir appartenir à un tout. Les rotations, les changements aident à maintenir l’intérêt de l’enfant. Rien ne doit être statique mais tout est neutre. Les miroirs ( et le jeu du miroir )sont essentiels dans ce jeu de lumière. Ils encouragent l’enfant à se découvrir, à s’ouvrir l »esprit.
Il faut veiller à entretenir le multi sensoriel. Les sens doivent tous être développés et on ne peut en privilégier un en particulier, notamment à travers les textures, les couleurs, les sons, les odeurs.
L’extérieur joue un rôle capital. L’adulte doit être enthousiaste à l’idée d’aller dehors !! L’enfant y découvre les saisons qui passent et peut sortir, quelque ce soit la météo. Il y joue ou crée ou se défoule ou observe la nature. Il y apprend en tout cas tout autant qu’à l’intérieur.

Est ce que mon espace est composé de zones qui ont un but, une intention précise ?
Ce but est il facile à déterminer ?
Mon environnement m’aide t’il dans cette démarche ?
Combien de fois dois je changer l’ensemble de l’environnement pour aiguiser l’intérêt de l’enfant ?
Y a t’il des jeux de lumière, d’ombre, de reflets ? des fenêtres ? des miroirs bien placés ?
Est ce « multi-sensoriel » ?
Est ce que l’accès à l’extérieur est aisé ? Ais je prévu des opportunités d’apprentissage en extérieur ?
Puis je ramener l’extérieur à l’intérieur et l’intérieur à l’extérieur ?

Le Temps est LA notion qui m’a été nouvelle ! Il y a une réelle démarche autour de cette notion et j’ai trouvé cela passionnant (bon je me passionne facilement, j’avoue !). La notion apporte l’idée de continuité, dans les relations, dans les créations… mais aussi dans l’organisation de la journée et dans les projets à long terme.
La phase 0-6 ans est une étape très importante et non pas juste une préparation au futur. C’est le temps d’expérimenter la joie et la liberté. Des photos d’enfants en train de créer (ou de vos enfants plus jeunes) rappellent à l’enfant qu’il fait parti d’un tout, d’une communauté, d’une famille. Cela lui montre combien les personnes qui l’entourent tiennent à la tâche qu’ils accomplissent auprès de lui.
La journée typique se compose d’activités initiées par l’enfant le matin, puis de jeux et d’activités en groupe, dont le thème est souvent initié par l’adulte. L’apprentissage que l’on imagine « scolaire » selon notre définition, se situe dans cette phase mais en réalité l’enfant ne voit pas vraiment la différence entre créer librement ou créer les lettres de l’alphabet. Seul l’adulte connaît la différence. A 11h, on organise un échange concernant les activités. Ce temps de parole et de partage est essentiel ! Le repas est pris en commun et l’enfant est autonomisé en aidant au mieux à l’organisation et au nettoyage du déjeuner. La sieste ponctue l’après midi puis est suivie de jeux calmes, de lectures, de dessins. La fin de journée est à nouveau organisée autour d’un échange concernant les activités et les projets en cours.
Pour les projets plus importants (décorer la cour par exemple, ou organiser un spectacle ou une expo ou un concert…) seul le processus d’apprentissage compte. La finalité n’a aucune valeur réelle si ce n’est celle d’encourager l’enfant. Les activités ne sont pas interrompues, l’enfant a le temps d’explorer ses intérêts du moment dans une routine mais qui reste flexible. Sa curiosité peut être toujours engagée. Les projets à long terme permettent à l’enfant de revisiter certaines activités encore et encore ! Cela consolide les apprentissages. L’enfant qui apprend à manier un pinceau afin d’apprendre l’alphabet se retrouvera à peindre le décor de la pièce de théâtre ce qui consolidera ses acquis.
Cela amène à la notion d’apprentissage efficace. Pour permettre à l’enfant de suivre ses intérêts et de consolider ses acquis, il faut : des apprentissages actifs (l’enfant est investi, ses attitudes et ses dispositions maintiennent la motivation), être concentré (intensité et attention, « deep level Learning »  un haut degré d’apprentissage, l’enfant est absorbé par ce qu’il fait), souligner l’importance des enfants à persister dans le challenge (gain en confiance en soi et possibilité de pratiquer l’activité tant que leur curiosité n’a pas été satisfaite ! – oui on est à des années lumières de l »école traditionnelle !) et enfin les joies de l’accomplissement comme seule récompense.
La journée s’organise donc dans une routine équilibrée, entre les besoins organisationnels des adultes et les besoins des enfants. De même s’équilibrent les temps d’activités prédéfinies et les opportunités nouvelles d’apprentissage « flexible ».

Comment décidons nous de l’organisation de la journée ?
L’enfant a t’il assez de temps pour ne pas avoir besoin d’interrompre son activité ?
L’enfant peut il revenir à son projet après l’avoir laissé pendant des jours, des semaines ?
Donnons nous le temps à l’enfant de réfléchir à ce qu’il fait ? Est il encouragé à y réfléchir ?
Aidons nous l’enfant à se souvenir du passé ? du chemin accompli ? A consolider ses apprentissages ?
Des projets à long terme sont ils organisés ? Comment aider l’enfant à y rester connecté ?
Apprenons nous, finalement, à l’enfant à gérer son temps ?

 

J’espère que cet article vous a paru clair et intéressant. Il y aurait tellement de choses à dire sur toutes ces notions. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter en commentaires ou sur ma page FACEBOOK !

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Une réflexion sur “Notes sur Reggio : Partie 2 : L’Environnement et le Temps

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